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Vérifier l'entrepreneur

Comment vérifier l'assurance d'un entrepreneur ?

Publié le 27 août 2026

« Ne vous inquiétez pas, je suis assuré. » Assuré pour quoi, par qui, pour quel montant ? Comment contrôler la couverture réelle d'un entrepreneur avant de signer.

Votre entrepreneur vous affirme : « Ne vous inquiétez pas, je suis assuré. »

Très bien. Mais assuré pour quoi ? Par quelle compagnie ? Pour quels travaux ? Dans quel pays ? Jusqu’à quel montant ? Et surtout : l’assurance est-elle valable pour votre chantier ?

C’est une vérification que beaucoup de particuliers oublient avant de signer un devis.

Pourtant, entre une rénovation à 15.000 €, une toiture à 40.000 € et une extension à 150.000 €, les conséquences d’un sinistre peuvent être considérables.

Et contrairement à une idée répandue, posséder « une assurance » ne signifie pas nécessairement que les travaux que vous allez confier à l’entreprise sont couverts.

En 2026, voici les vérifications essentielles à effectuer en Belgique, en France et plus largement en Europe.

1. Commencez par demander l’attestation, pas une promesse

Ne demandez pas seulement : « Vous êtes bien assuré ? » Demandez plutôt : « Pouvez-vous me transmettre votre attestation d’assurance en cours de validité avant que je signe ? »

Vous devez pouvoir identifier au minimum le nom de l’entreprise assurée, la compagnie d’assurance, le numéro de police, la période de validité, les activités couvertes et, lorsque cela s’applique, l’étendue géographique de la couverture.

En Belgique, pour les chantiers soumis à l’assurance décennale obligatoire, les documents contractuels doivent notamment mentionner le nom et le numéro d’entreprise de l’assureur ainsi que le numéro du contrat. L’attestation doit être remise au maître d’ouvrage avant le début des travaux.

2. Le nom sur l’assurance doit correspondre à l’entreprise qui travaille chez vous

Votre devis est établi par DUPONT CONSTRUCTION SRL, mais l’attestation mentionne DUPONT SERVICES SRL : ce n’est pas la même société.

Même dirigeant, même adresse ou même logo ne suffisent pas. Vérifiez que le nom juridique et le numéro d’entreprise correspondent réellement au professionnel avec lequel vous signez.

Ce qui vous intéresse est de savoir qui assume contractuellement les travaux et quelle assurance couvre cette responsabilité.

3. Vérifiez surtout l’activité assurée

C’est probablement le contrôle le plus important. Une entreprise peut être assurée pour peinture intérieure et décoration, puis accepter un chantier comprenant l’étanchéité d’une toiture plate.

L’existence d’une police ne signifie pas automatiquement que cette activité supplémentaire est couverte.

En France, l’attestation décennale doit notamment préciser les activités ou missions exercées par l’assuré, les techniques concernées et le périmètre géographique de la garantie.

Ne vérifiez donc pas seulement : « A-t-il une assurance ? » Vérifiez : « EST-IL ASSURÉ POUR LES TRAVAUX QU’IL VA RÉALISER CHEZ MOI ? »

4. Appelez directement l’assureur en cas de doute

Une attestation PDF peut être ancienne, incomplète ou correspondre à un contrat modifié depuis.

Pour un chantier important, contactez directement la compagnie ou l’intermédiaire mentionné sur l’attestation et demandez confirmation que la police existe, qu’elle est valable et que l’entreprise indiquée est bien assurée.

Pour un chantier à 100.000 €, consacrer quelques minutes à cette vérification est raisonnable.

5. Assurance RC et assurance décennale : ce n’est pas la même chose

La responsabilité civile professionnelle ou d’exploitation peut intervenir pour certains dommages causés dans le cadre de l’activité professionnelle.

La responsabilité décennale concerne une responsabilité plus spécifique liée à certains désordres graves affectant la construction. Les conditions exactes varient selon les législations nationales.

En Belgique, le SPF Économie distingue les assurances obligatoires de responsabilité civile décennale et de responsabilité civile professionnelle applicables à certaines catégories de professionnels et situations.

Une RC professionnelle ne remplace donc pas automatiquement une assurance décennale lorsqu’une assurance décennale est légalement requise.

6. Belgique : quand l’assurance décennale est-elle obligatoire ?

En Belgique, l’assurance responsabilité civile décennale obligatoire ne concerne pas automatiquement chaque petit chantier.

Elle vise notamment certains travaux de construction ou rénovation d’une habitation située en Belgique lorsque l’intervention d’un architecte est légalement obligatoire et que le permis de bâtir a été délivré après le 1er juillet 2018.

Les professionnels concernés peuvent notamment être l’architecte, l’entrepreneur et certains autres prestataires du secteur de la construction.

La couverture obligatoire vise principalement certains dommages graves relatifs à la solidité, la stabilité et l’étanchéité du gros œuvre fermé lorsque celle-ci met en péril la solidité ou la stabilité.

7. Belgique : qui doit vous donner l’attestation ?

Pour un chantier soumis à cette obligation, l’entrepreneur et les autres prestataires concernés doivent remettre leur attestation au maître d’ouvrage et à l’architecte avant le début des travaux.

Le professionnel peut être couvert par une police individuelle ou par une police globale couvrant plusieurs intervenants du chantier.

Si l’entrepreneur vous répond : « C’est l’architecte qui a l’assurance », demandez comment votre entrepreneur est précisément couvert dans le cadre de votre opération.

8. France : la vérification est particulièrement importante

En France, les constructeurs soumis à la responsabilité décennale doivent souscrire l’assurance correspondante.

Le professionnel doit remettre l’attestation au maître d’ouvrage avant l’ouverture du chantier et l’attestation doit être jointe aux devis et factures.

La garantie porte sur certains dommages apparaissant pendant les dix années suivant la réception et pouvant notamment compromettre la solidité de l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination.

L’absence d’assurance décennale lorsqu’elle est obligatoire peut exposer le constructeur à des sanctions importantes.

9. France : regardez la date d’ouverture du chantier

Une entreprise vous transmet une attestation valable du 1er janvier au 31 décembre 2026 et votre chantier débute en novembre 2026 : la période paraît cohérente.

Mais si elle vous transmet une ancienne attestation 2025, ne supposez pas que la situation est automatiquement correcte.

Vérifiez systématiquement : DATE DU CHANTIER ↔ PÉRIODE D’ASSURANCE.

10. Vérifiez également le territoire couvert

Une entreprise française vient travailler en Belgique, une société espagnole au Portugal ou une entreprise belge au Luxembourg : est-elle assurée à l’étranger ? Pas automatiquement.

Dans l’Union européenne, les obligations d’assurance professionnelle et la reconnaissance d’une couverture peuvent dépendre du pays d’accueil.

Si l’entreprise travaille hors de son pays habituel, demandez explicitement : « Votre police couvre-t-elle les travaux réalisés dans ce pays ? »

11. Vérifiez les montants garantis

Votre chantier vaut 250.000 €. L’attestation existe, mais la garantie applicable comporte-t-elle des plafonds, sous-limites, franchises ou exclusions ?

Sur un chantier important, ne vous contentez pas du mot « assuré ». Regardez aussi combien et dans quelles limites.

12. Vérifiez les techniques utilisées

Une entreprise peut être assurée pour des travaux traditionnels alors que votre chantier utilise une technique ou un procédé particulier.

En France, le modèle officiel d’attestation prévoit précisément l’identification de la nature des techniques utilisées et des travaux, produits et procédés couverts.

C’est particulièrement important pour certains travaux innovants ou inhabituels.

13. Et si l’entreprise sous-traite les travaux ?

Votre entrepreneur principal est parfaitement assuré. Mais qui va réellement monter sur votre toiture ?

Demandez : qui est le sous-traitant ? Qui facture ? Qui assume la responsabilité ? Le sous-traitant possède-t-il les assurances nécessaires ?

Sur un chantier important, vous devez comprendre la chaîne réelle des intervenants.

14. Une assurance ne garantit pas que l’entrepreneur travaille bien

Une attestation d’assurance n’est pas un certificat de qualité.

Une entreprise peut être correctement assurée, juridiquement en ordre et disposer d’une police valable, tout en exécutant un mauvais chantier.

La vérification de l’assurance constitue donc une partie du contrôle. Il faut également examiner l’entreprise, le devis, les prix, les compétences, les références, les matériaux et les conditions contractuelles.

15. Assurance valable ne signifie pas « tout est couvert »

En cas d’infiltration, l’assureur peut examiner la nature du dommage, sa cause, la date, les travaux réalisés, l’activité déclarée, les exclusions, les franchises et les conditions légales permettant d’engager la responsabilité.

L’existence d’une assurance ne signifie donc jamais que chaque défaut sera automatiquement indemnisé.

16. Méfiez-vous de la simple mention « assuré »

Certains devis indiquent seulement « Entreprise assurée RC » ou « Garantie décennale ». Cela ne suffit pas pour effectuer une vraie vérification.

Vous devriez pouvoir identifier : ASSUREUR, NUMÉRO DE POLICE, ENTREPRISE ASSURÉE, PÉRIODE DE VALIDITÉ, ACTIVITÉS COUVERTES et, lorsque c’est pertinent, TERRITOIRE + LIMITES + CONDITIONS PARTICULIÈRES.

17. La checklist ECV avant de signer

Avant de confier un chantier important à une entreprise, vérifiez :

  1. Le nom exact de l’entreprise sur l’attestation
  2. Le numéro d’entreprise/SIRET ou identifiant national
  3. Le nom de l’assureur
  4. Le numéro de police
  5. La période de validité
  6. Les activités couvertes
  7. Le pays ou territoire couvert
  8. Les éventuelles limites de garantie
  9. Les techniques ou travaux concernés lorsque cela s’applique
  10. L’existence de la décennale lorsqu’elle est légalement obligatoire
  11. L’assurance des sous-traitants lorsque cela est pertinent
  12. La confirmation directe de l’assureur en cas de doute

Cette vérification peut prendre quelques minutes. Un sinistre important peut, lui, durer plusieurs années.

18. Combien coûte une erreur d’assurance ?

Ce n’est pas le prix annuel de la police de l’entrepreneur qui doit intéresser le client. C’est le montant du risque non couvert.

Exemple : rénovation toiture 45.000 €. Une infiltration importante apparaît. Réparation de la toiture : 18.000 €. Dégâts intérieurs : 12.000 €. Total potentiel : 30.000 €.

Ou une extension à 180.000 € présentant un problème structurel majeur.

Les coûts de construction ont fortement augmenté en Europe ces dernières années, ce qui augmente mécaniquement l’enjeu financier de nombreux sinistres et réparations en 2026.

19. Les recherches Google que font les particuliers

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Derrière toutes ces recherches se trouve la même inquiétude : « SI QUELQUE CHOSE SE PASSE MAL, QUI PAIERA ? »

20. Le test ECV : une question très simple

Avant de signer, demandez à l’entrepreneur : « Envoyez-moi votre attestation d’assurance correspondant aux travaux prévus dans mon devis. »

Réponse A : « Bien sûr, je vous l’envoie immédiatement. » Normal.

Réponse B : « Je dois la demander à mon courtier, je vous l’envoie demain. » Parfaitement plausible.

Réponse C : « Ce n’est pas nécessaire, je suis assuré depuis vingt ans. » Insuffisant.

Réponse D : « Je vous la donnerai après le paiement de l’acompte. » Pourquoi attendre ?

L’assurance doit précisément faire partie des éléments que vous vérifiez avant de prendre un engagement financier important.

21. ECV : vérifier l’entreprise avant que le problème existe

Un consommateur regarde souvent les avis Google, le prix et les photos des anciens chantiers. Ce sont des informations utiles.

Mais elles ne répondent pas à une question fondamentale : QUI ASSUME FINANCIÈREMENT UN DOMMAGE IMPORTANT ?

C’est pourquoi la logique d’Euro Construct Verify – ECV ne consiste pas uniquement à regarder si un devis semble cher ou bon marché.

L’analyse d’un projet doit mettre en perspective l’identité de l’entreprise, les informations disponibles sur sa fiabilité, le devis, les travaux, les prix, les risques et les assurances pertinentes.

Parce qu’un entrepreneur peut avoir 4,9 étoiles sur Internet et disposer d’une assurance qui ne couvre pas le travail précis que vous lui confiez.

En résumé : ne demandez pas « êtes-vous assuré ? »

Demandez : « MONTREZ-MOI QUE VOUS ÊTES ASSURÉ POUR MON CHANTIER. »

Vérifiez ensuite qui est assuré, par qui, pour quelle activité, pendant quelle période, dans quel pays et avec quelles limites.

Pour une petite intervention, le niveau de contrôle sera naturellement différent de celui d’une rénovation à 150.000 €.

Mais pour les travaux importants, demander l’attestation avant de signer devrait devenir aussi naturel que demander le prix.

Sources officielles européennes et nationales

  • Belgique — SPF Économie : Assurance responsabilité civile décennale ; Assurances obligatoires des professionnels de la construction.
  • France — Service Public / Entreprendre Service Public : garantie décennale des constructeurs et modèle officiel d’attestation d’assurance décennale.
  • Union européenne — Your Europe : Professional liability insurance et prestations transfrontalières.

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